J’attendais de voir une clarté apparaître pour me lever. Aucun bruit venait de l'extérieur, donc je me rendormis. Plus tard, du mouvement dans le chalet me réveilla. J’entrouvris les rideaux de la chambre, aucune lueur matinale, alors qu’il était déjà 8 h 30 en ce 7 janvier.
Même un ciel couvert, ne pouvait empêcher le jour de se lever. Aucune voiture sur la route ne circulait.Le silence était ouaté. Les chasse-neige n'était pas passé. Une blancheur grise occultait le ciel, les sapins croulaient sous le poids de la neige qui n’avait pas cessé depuis 48 heures.
À la radio, des alertes précisaient de ne se déplacer qu’en cas d'urgence. Mes compagnons montagnards étaient optimistes. À la place des skis, nous sortirons les raquettes, avaient décidé l'assemblée de lutins aux bonnets rouges, ainsi que nous nous nommions.
Mais comment se repérer avec une visibilité réduite, comment progresser si nous n’avions
pas de chemin tracé, et puis une avalanche était probable, vu la quantité de neige tombée.
Le vent s'était levé, déplaçant les congères pour terminer le tableau de cette journée. Nous finîmes par répertorier dans les placards nos vivres, car ce « black out « pouvait durer quelques jours, bien que l’électricité n’était pas coupée. Nous pourrions tenir 3 jours, sans faire de folie.
Nous résumions l’événement, comme le plus gros flocon de l’hiver qui paralysait la vallée. Chacun a commencé son récit pour laisser à la postérité une trace de ce phénomène fantôme.
SYLVIA 🐿83
