De Pascal Perrat dont nous partageons le même ressenti. Et avec sa permission de publication
Entre Noël et moi, ça a toujours coincé. Et, ça remonte à loin…
Mes parents avaient une manière bien à eux de fêter Noël. Ils m’offraient leur cadeau en précisant qu’ils déploraient leur dépense : « car je ne la méritais pas. »
Ça m’est resté planté dans le cœur comme une aiguille de sapin.
Depuis, chaque 25 décembre me donne l’impression d’entrer dans une pièce trop décorée pour être honnête.
On sort le sapin, on accroche des guirlandes qui clignotent tels des sourires forcés. Chacun arrive avec son petit ou grand paquet soigneusement empaqueté, mais, derrière le papier cadeau, on devine des rancœurs plus ou moins bien ficelées.
On s’embrasse, on sourit plus ou moins sincèrement : c’est la tradition, paraît-il.
Le calendrier distribue ses ordres : « Le 24, cadeau. Le 31, bonne année. À Pâques, les œufs en chocolat. En janvier, la galette des rois. »
On dirait un règlement intérieur. Une liturgie pâtissière !
Ayant grandi sous la férule de rites religieux : prière du soir, confession, contrition à la demande, messe de Noël, etc., ce parfum d’obligations m’a toujours donné envie de filer par la sacristie.
C’est sans doute pour cela que j’ai décidé, dès l’enfance, de ne plus attendre de cadeaux de quiconque, de m’offrir un cadeau quand j’en ai l’élan. Un cadeau qui naît d’un coup de cœur, d’une envie subite, pas d’une case cochée sur un calendrier pour ne pas oublier…
Mais j’accepte volontiers un sourire, un service, une attention, quelque chose qui ne nécessite ni papier doré ni agenda tyrannique.
Finalement, je ne suis pas fâché contre les fêtes. Je suis juste resté ce môme à qui on disait : « Tu ne le mérites pas. »
Alors forcément, chaque Noël, quelque chose en moi se froisse, comme un papier cadeau qu’on n’a jamais vraiment su ouvrir sans le déchirer.
Mais, cela ne m’empêche pas de vous souhaiter un très heureux Noël en famille.
Pascal Perrat
