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L'année a passé son temps, laissons la partir, pour mieux accueillir celle qui va sonner, la meilleure... celle à venir… Chaque fin d’année, on promet que la prochaine sera la meilleure. Il y a longtemps que je n’y crois plus.

Halte aux guerres, à la pauvreté, à la pollution … autant de choses qui ne dépendent pas de moi, ou pour une infime partie, j’en prends ma part. Pour que quelque chose change dans ma vie, c’est à moi de décider ce que je veux voir se réaliser. Marre d’attendre le père noël, le miracle, c'est moi, ou plutôt, c’est nous !

Tu vois, pour notre retraite, par exemple, ma femme et moi l’avons anticipée des années à l’avance. Nous avons parcouru toutes les régions de France pour finalement mettre cap au sud. Histoire de réchauffer nos vieilles carcasses au soleil, dans une belle maison avec piscine.

Nous avons vu grand pour pouvoir accueillir nos six enfants et douze petits-enfants. La maison nous a coûté cher, mais elle offre six chambres, un beau jardin et nous sommes à vingt minutes de tout : la mer, la vieille ville millénaire de Fréjus, Cannes, Nice, les beaux villages perchés du pays de Fayence … on en profite pleinement, en toutes saisons. Le climat est si clément, ici.

Et puis tu sais, chaque année je fais un truc nouveau. Je me suis mis à la batterie et ça m’éclate d’accompagner nos groupes de rock préférés.. L’an dernier, c’était la peinture et celle d’avant encore, l’écriture de nouvelles. J’en suis à une par jour maintenant. Mes nouvelles années, moi, je les fabrique. Rien de spectaculaire mais enfin, je décide et agis pour une meilleure année, sans attendre de miracle qu’un nouvel an m’apporterait.

Et toi, alors, que deviens-tu, vieille branche !

Papy, tu t’es encore trompé de numéro. Ton copain d’enfance est mort l’année dernière. Et puis pourquoi raconter une autre vie que la tienne ?

Tu n'as jamais bougé de la région parisienne, tous les projets sont tombés à l’eau. Tes seuls loisirs sont de lire le “canard enchainé” le mercredi et de jouer au scrabble le samedi avec au club des anciens de ton quartier. Papy, je te dis à demain soir, pour le réveillon, on sera quatre, comme d’habitude.

Nicolas - 83