Me voilà installée dans l’amphithéâtre, autour de moi il y a une odeur de roses. J’en suis sûre, je le reconnais. Une fragrance vieillotte, l’odeur de ma grand-mère au petit déjeuner,
accompagnée de l’odeur de talc, dans mon souvenir j’aimais beaucoup, par contre je n’en ai jamais porté. Mais pourquoi ce parfum m’interpelle ?
La lumière tamisée, me permet de distinguer des visages, des coiffures. Un carré très court blond, là voilà. Elle se penche vers sa voisine pour échanger quelques mots, elles rient toutes les deux pas trop discrètes. Bref, je n’arrive pas à m’abstraire de l’idée que Roseline se trouve à deux rangs, et de l’agacement que je ressentais en sa présence.
Jeune fille impatiente, sûre d’elle aussi, elle aimait provoquer des réactions, parfois négatives. Le principal était d’attirer l’attention. Je la retrouve ici, après de nombreuses années, à cette séance ciné-débat sur les couleurs. Avant, elle étais prompte à interrompre pour placer un bon mot, un avis que personne ne lui demandait. Entourée de sa cour pour se sentir forte et épaulée.
Le film présente les Nymphéas et ses couleurs délicates, et se termine avec Kandinsky et sa musique des couleurs. L’intervenant parle de ce voyage au pays des couleurs, de ces interprétations. Roseline lève un bras et demande « je ne vois pas le lien entre Monet et Kandinsky ? » la réponse suit patiemment …
Je me lève et part discrètement. Cette Rose là, porte plus d'épines que de pétales.
Sylvia 83 🐿
