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Le ciel était bas .. tout le monde avançait courbé. Nos ancêtres les gaulois, d’après Astérix ou peut-être avant lui, les celtes aux dires d’Alexandre-le-Grand, n’avaient peur de rien, sauf que le ciel ne leur tombe sur la tête. Cette image serait moins un témoignage d’une croyance réelle qu’un cliché ? Ce ne serait qu’une façon de désigner des barbares primitifs, naïfs et superstitieux ?

Rien n’est moins sûr !

Ne rien craindre des autres, en étant intrépides et courageux, tout en restant humble face à soi-même, aux puissances divines ou naturelles, est au contraire une preuve de sagesse. Le pire n’est jamais certain, mais le poids du temps, de la culpabilité, des regrets et d’une mort certaine, si. L’improbable

Que nous en reste-t-il aujourd’hui ?

“On dirait que le ciel t’es tombé sur la tête” m’a dit mon ami l’autre jour. Je venais d’apprendre qu’un contrat qui m'était destiné à coup sûr, me passait sous le nez. Trop confiant, par l’enthousiasme du client et une recommandation en béton, j’avais commencé à y travailler toute la fin de semaine. L’annonce a été d’autant plus rude, le ciel s’est assombri très brusquement pour moi et m’est tombé sur les épaules, alors que pour les autres il faisait toujours aussi beau.

Je vois aussi tous ces petits vieux qui marchent si courbés qu’on les dirait en train de ramasser quelque chose par terre. “Mais pourquoi ne se redresse-t-il pas ?“ me suis-je longtemps demandé. Ma mère aussi est devenue bossue avec l’âge, alors que son apparence comptait pour elle et que son existence matériellement avait été douce. Moi non plus, sans avoir eu à travailler au fond d’une mine, j’ai tendance à me voûter, comme sous un ciel trop bas. Rien n’y fait, ni les séances de pilates, ni le réflexe de redresser les épaules, le poids du temps me pousse vers la poussière que je ne manquerai pas de rejoindre un jour.

La jeune génération et le moins jeune aussi, marchent désormais dans la rue sans regarder l’environnement. Chacun a la tête penchée en avant, les yeux rivés sur un écran. Plus personne pour lever les yeux vers un ciel étoilé ou allongé sous les feuilles d’un peuplier. C’est comme si le ciel, le cloud, comme ils disent, leur était tombé sur la tête. Ils sont addicts de ce qui les guident vers le bas, un peu comme s’ils aimaient les orages qui font baisser la tête. Quitte à s’abrutir d’informations inutiles, autant les recevoir dans la rétine via un implant cérébral. Rassurez-vous, ça va venir, vous ne serez plus courbés que de l’esprit 🙂

Je propose une journée internationale du dos cassé, ou du cerveau cabossé, le trois décembre, date de cette chronique, ce serait bien. L’idée serait de rééduquer la population à lâcher leur portable et à voir la vie différemment, dans tout ce qu’elle a de beau et de poétique. Nul ne vous oblige à poursuivre une carrière professionnelle qui ne vous convient pas. Il n’est jamais trop tard non plus pour vous souvenir de ce qui a été heureux dans votre enfance et dans votre vie. Redressez-vous, le ciel est à vous, un allié dès maintenant et la promesse d’un avenir meilleur.

Nicolas - 83