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Le train troue la brume et nous n’avons pas fait de différence entre l’entrée du tunnel et sa sortie. La descente du wagon est épique, on n’y voit pas à dix mètres, c’est la panique, les gens se cherchent soit en s’appelant désespérément soit en se tâtant les uns les autres.. retentissent quelques 'mais c’est pas moi !' assez énervés jusqu’à ce que j’entendent un 'lâchez moi nom d’un chien !' qui me fait retrouver mon mari.

Il prend mon sac, pressés on s’accroche l’un à l’autre pour traverser cette foule d’ombres. Sortis de la gare des silhouettes sombres en nombre s’agitent à la station de taxis. Sur le trottoir les gens avançent en courbant la tête comme s’ils avaient peur que le ciel leur tombât sur le front. Le hurlement d’un chien nous donna le frisson. La pauvre bête a dû se faire piétinner. Aussitôt un enfant pleure, puis deux, puis trois et puis tellement que j’arrête de les compter.
Arrivés à la place Saint Augustin tout semble se dégager. Soulagée, enfin je regarde mon mari : ce n’est pas lui !
Je lâche le bras de cet inconnu et sans un mot nous faisons le chemin en sens inverse et au pas de course pour retrouver nos 'moitiés ' qui doivent être affolées... 🐭

La Souris 83